• Réchauffement climatique : Un an pour sauver la Terre

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    La conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient depuis hier (lundi 1er décembre) à Poznan, en Pologne, tire la sonnette d’alarme : il ne reste plus qu’un an avant de trouver une entente mondiale pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Un désaccord aurait, à terme, des conséquences dramatiques, a indiqué le président des travaux Maciej Nowicki : « énormes sécheresses et inondations, cyclones dévastateurs, pandémie de maladies tropicales, … ».

    Le ton a été donné, hier, pour le lancement de la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient du 1er au 12 décembre à Poznan, en Pologne. « L’humanité par ses comportements a déjà poussé le système de la planète Terre jusqu’à ses limites », a expliqué en guise de préambule le président des travaux et hôte de la réunion, le ministre polonais de l’Environnement Maciej Nowicki. « Poursuivre ainsi provoquerait des menaces d’une intensité jamais vue : énormes sécheresses et inondations, cyclone dévastateurs, pandémie de maladies tropicales (…) et même conflits armés et migrations sans précédent », a-t-il poursuivi en demandant aux 9 000 délégués de 185 pays présents de ne pas « céder à d’obscurs intérêts particuliers ». Copenhague en ligne de mire Par cette mise en garde, les Nations Unies espèrent bien faire avancer un processus qu’elles craignent de voir s’enliser face à la crise économique mondiale qui s’annonce. Comme l’a défini la « feuille de route » de la Conférence de Bali, en décembre 2007, il ne reste plus qu’un an pour valider, fin 2009 à Copenhague, de nouveaux engagements internationaux contre l’effet de serre. Pour être efficace, ceux-ci doivent inclure non seulement l’Europe mais aussi les Etats-Unis et les grandes économies émergentes, dont la Chine devenue premier pollueur mondial. Car, après 2012, plus rien n’est prévu pour stopper le réchauffement que connaît actuellement la planète et poursuivre le Protocole de Kyoto, ratifié par la plupart des pays industrialisés (à l’exception notable des Etats-Unis). Le marché du carbone en débat Poznan est une nouvelle fois l’occasion de s’interroger sur le marché international du carbone, initié par Kyoto et mis en place au siège de la convention sur le changement climatique à Bonn. Le principe est simple : pour ne pas faire subir un coup trop fort à l’industrie, un marché des émissions de CO2 se met en place où les plus débiteurs achètent des droits à émettre aux plus économes en CO2. Ce marché est à l’origine de la position en retrait de l’Union européenne qui ne parvient pas à proposer une position commune à ses pays membres. Les efforts de la France pour faire adopter le Paquet-énergie-climat (PEC) avant la fin de sa présidence risquent d’être vain. Le plus ironique est que le pays le plus opposé à ce plan est… la Pologne. Ses centrales électriques fonctionnent en effet au charbon, hautement émetteur de carbone. Et le pays n’a pas les moyens de reconvertir totalement son industrie énergétique. Pour ce faire, la Pologne demande un peu plus à l’Europe et bloque toute signature. C’est dire si, à Poznan, les enjeux qui se cachent derrière les négociations peuvent faire capoter un accord final pour la conférence de Copenhague en 2009. 2 décembre 2008, Patrick Cros